
La chaise-balcon
Derrière la porte vitrée, une chaise en acajou tapissée, sublimée par un objet soyeux serti dans l’oval du dossier : un sein, objet d’incarnation sensuelle.
Isabelle GILLIEAUX
Si on m’avait dit un jour…
Une expérience de regard tactile ouverte à l’interprétation
Du 25 avril au 06 juillet 2026
Isabelle Gillieaux est une plasticienne qui a une pratique de la sculpture et de l’installation.
Elle s’est orientée vers l’art après un Master en Psychologie et un bref passage à l’Ecole Supérieure des Arts Plastiques et Visuels de Mons. Elle termine, actuellement, un cursus en sculpture, à l’Académie des Beaux-Arts de Charleroi, sa ville natale.
Si on m’avait dit un jour… invite le passant à pénétrer dans un intérieur raffiné où les réminiscences de boudoir se mêlent à un mobilier de style et à des objets disposés avec soin.
L’oeuvre engage un dialogue entre objet et espace et invite à s’interroger sur la valeur accordée à la beauté et à la fragilité. Le corps, absent, se révèle à travers une confrontation entre des incarnations sensuelles et délicates, des matières incongrues et des artefacts robustes, symboles de puissance et de domination (véritables cornes d’antilope, en troffée de chasse, mors de cheval en bronze,…).
Cette œuvre exploite le pouvoir d’évocation des objets. Elle active l’imaginaire en engageant, de manière ambigüe, les sens de la vue et du toucher par un jeu de rapprochement et de « tactilité » des matériaux (artificiels et naturels).
L’artiste invite le spectateur à ralentir et observer, ce qui d’ordinaire se fond dans le décor urbain.
Elle cherche, entre autres, à toucher les passants qui ne s’attendent pas forcément à rencontrer une œuvre d’art à deux pas d’un centre commercial, en plein centre-ville.
Elle envisage d’être présente, en permanence, pour observer l’effet que produit sur le public, cette mise en espace. Et, si les sensibilités s’y prêtent, engager avec lui un dialogue spontané. Une performance pensée comme une note d’intention imaginaire.
La rencontre de son univers avec des regards multiples donne une dimension sensible. À cette première expérience qu’est, pour elle, l’exposition dans l’espace public.
Recommandation de l’artiste : à la tombée de la nuit, la vitrine éclairée sublime cet espace marchand en espace de récit.
Texte : Isabelle Gillieaux
